Voir ceci comme cela (2) : une forme de cécité
On peut envisager une autre aberration : comment quelqu’un qui sait ce qu’est un lapin, mais pas un canard, voit-il le dessin du lapin-canard ? Ou plutôt comment voit-il le canard ? Ou comment ne le voit-il pas (pour des raisons évidentes) ?
Donc, étant donné ce qu’il sait du lapin : mammifère lagomorphe, avec des grandes oreilles, etc., à quoi on peut ajouter que cet animal, de la famile des léporidés, est un herbivore de petite taille (de 12 à 80 cm de long), à la queue courte ou rudimentaire, recouvert d’une fourrure dense à bourre épaisse et dont la couleur peut varier selon les saisons ; son museau, doté de nombreuses vibrisses, comporte toutefois une zone de peau nue (rhinarium) entourant les narines et s’étendant jusqu’à la lèvre supérieure, qui est fendue en son milieu ; ses dents, entièrement recouvertes d’émail, ont une croissance continue : les deux paires d’incisives supérieures sont placées l’une en arrière de l’autre, celle de devant étant plus longue ; il n’y en a qu’une seule paire sur la mâchoire inférieure ; les canines sont absentes ; la mastication se fait avec des mouvements latéraux de la mandibule.
Cet animal possède des doigts (5 à l’avant, 4 à l’arrière) munis de griffes.
Une fois qu’on lui aura appris ce qu’est un canard — id : lié au milieu aquatique (eaux douces, saumâtres ou marines), le canard niche en général au sol, au bord de l’eau (visualiser là) ; toutefois, certains s’installent sur les arbres ou dans des troncs creux ; palmipède, il a les 3 doigts antérieurs réunis par une palmure tandis que le quatrième, plus petit et attaché en arrière, reste libre ; son bec, large, plat et au bout arrondi (sauf chez les harles), est recouvert d’une peau molle sauf à son extrémité, qui présente un onglet corné riche en corpuscules tactiles ; la mandibule est bordée de protubérances de forme variable selon les espèces : chez les canards de surface, ce sont de fines lamelles transversales qui permettent à ces oiseaux de se nourrir en filtrant les particules présentes dans la vase des étangs et des rivières (et encore on ne lui a pas dit que le canard colvert, par exemple, présente un dimorphisme sexuel accentué: la femelle est brune, le mâle a la tête et le cou vert bouteille, un étroit collier blanc et la poitrine rousse) — « l’ignorant » aura beau déclarer : « Je le voyais bien également comme autre chose ! », quel crédit peut-on apporter à cette affirmation ?
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