Réplicateur 2

D’aussi loin, il est difficile d’observer précisément la scène. Un homme enlaçait une femme, ou l’inverse, et l’un ou l’autre évoquait sa tristesse. Il faut presque cligner des yeux tellement la lumière est forte, s’habituer à la lune ovoïde dans le ciel empêchant les rayons homocentriques de converger en un seul point. En même temps, le positionnement du regard importe peu, en haut ou en bas, et même vertical, car la perception est nécessairement déformée, distordue dans la courbure, ne donnant pas d’image acceptable de la réalité.

Comme pour accentuer le défaut du système optique, le ciel s’obscurcit soudain et une deuxième lune se lève. Du coup, une autre scène se superpose à la première, les personnages lointains se fondent en une unique focale, une femme plus âgée, debout, lit une lettre, l’air troublé.

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