Dialogue et récit : histoires de flux (5.2)

Un jour qu’on marchait pour passer le temps, tu te souviens, on avait trouvé par hasard le champ de courses, derrière la casse de voitures. On avait longé le chemin de fer, on fumait des cigarettes blondes qui nous enivraient de leur saveur douceâtre et on hurlait toutes sortes d’insanités. Péniblement, on avançait sur le ballast grossier de la voie où ne passaient plus que des trains de fret. On les entendait crisser au loin, chargés de poutres métalliques, sable, gravier, liquides inflammables, et quand ils arrivaient à notre hauteur on sautait sur le bas côté et les grincements transperçaient nos tympans comme des pointes acérées.

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