Isegoria

Ils s’étaient jetés sur lui et avaient déchiré ses vêtements. Il se trouva nu.
‒ Croyais-tu que nous allions rester encore longtemps sans rien faire, à t’observer sans rien dire ?
‒ À mort !
‒ Pensais-tu pouvoir t’enrichir et profiter de tout impunément ?
‒ À mort ! Oui, à mort !
Les prédicateurs de la mort : le cyclope et sa fille, qu’il engendra seul, monstre biface (hydre d’un côté et harpie de l’autre), exhalant son poison dans un ricanement hystérique en agitant ses cheveux jaunes hirsutes d’où jaillissent des flammèches, hypnotisant de son regard blanc et de son corps androgyne (ou plutôt asexué, sans détail marquant sinon la rugosité des formes, capable d’ensorceler dans le même temps le mâle bas sur pattes essoufflé par ses aboiements inutiles et la femelle frustrée, aux muscles tendus et à la peau humide) une meute de loups au pelage gris foncé s’abritant derrière eux, éructant, hurlant dans l’attente du dépeçage.
‒ Oui, à mort ! Car il en va de notre ripaille.
‒ À mort ! Ce qui nous appartient doit nous revenir.
‒ À mort !

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